samedi 29 mars 2008

Colis piégé

Bonne petite surprise ce matin aux aurores. Un joli petit colis m’attendait bien sagement au pied de la porte. A l’origine, ce colis envoyé depuis Teurthéville ne devait contenir qu’un chargeur d’appareil photo bien innocent. Bizarrement, après intervention parentale, il s’est transformé en caddie de supermarché. En ouvrant la boîte de Pandore, quelle ne fût pas ma surprise en découvrant de nombreuses victuailles, saucisson, jambon fumé et autres cochonnailles. Sans oublier, Pâques oblige, moult sachets de lapins et œufs en chocolat (délicieux ces petits œufs). Car non, cette année je ne pourrai pas gambader dans le jardin en robe de chambres, à la recherche des œufs de Pâques égarés par les cloches. En tout cas ça fait plaisir, ces petites attentions.
Par contre comme il s’agit d’une récidive, je tiens à envoyer un petit message personnel à mes parents pour les rassurer, si ça ne vous dérange pas : Papa, Maman, je vais bien ! Ici je mange à ma faim, j’ai toujours de bonnes joues et je n’ai pas maigri d’un poil. Et puis c’est bourré de vitamines les "Kit Kat chunky".
C’est peut-être difficile à croire, mais en Angleterre tu peux trouver de la bonne bouffe. Non, je plaisante ! En fait ils ne connaissent que le poulet, les pizzas, le poulet, les "pittas" et le poulet. Il existe bien un peu de vache folle, mais que seuls les oligarques russes exilés à Londres peuvent se payer. « Il exagère », me direz-vous. C’est pas faux. Par contre il y’a un vrai gros problème de société ici, et là je ne rigole plus: impossible de trouver des cordons bleus. Enfin si, ils font bien des ersatz de Père Dodu qu’ils appellent "kievs", mais c’est vraiment dégueulasse. Mais je m’arrête là pour aujourd’hui, car les questions de mal-bouffe en Angleterre feront certainement l’objet d’un prochain article sur ce blog.

dimanche 16 mars 2008

Breaking News

Joël Jouhaux est réélu maire de Teurthéville. Malgré une liste d'opposition, les administrés lui ont renouvelé leur confiance pour un 3e mandat.

Allélujah !!! ( I believe in God)

ET LA LUMIERE FUT!!! Miracle aujourd’hui à Lampeter Square : on a enfin internet. En même temps ça ne faisait que 3 mois et demi qu’on attendait, vous me direz. Jamais je n’avais vu un homme distribuer autant de connexions à la fois. Epatant. Ma foi sans faille est enfin récompensée. Toutes ces années de dur labeur, de confesse, d’ascèse, ces innombrables leçons de catéchisme à endurer les blagues de l’abbé Richard. Ces dimanche matin où le réveil sonnait dès l’aube (vers 10h30-11h), pour prendre le chemin de la messe dans la pluie et le froid. Tous ces « Téléfoot » ratés pour aller écouter Yves Canonville jouer « Qu’il est formidable d’aimer » à la guitare. Sans oublier les diverses humiliations infligées par le clergé, comme le port obligatoire d’une aube à ma communion, immortalisé par des dizaines de photos compromettantes. Malgré quelques interrogations bien légitimes, jamais ma foi n’a vacillé. Pas même quand je devais échanger « la Paix du Christ » avec des grand-mères aux cheveux violets, ou faire la quête en pantalon de flanelle. Désormais, je sais que tous ces efforts n’ont pas été vains.
Bref, donc la bonne nouvelle, c’est que maintenant je vais pouvoir répondre à mes mails. La mauvaise, c’est justement que maintenant je vais pouvoir répondre à mes mails. Mais rassurez-vous j’ai bien d’autres excuses dans mon sac. Non, la vraie bonne nouvelle c’est que je n’aurai plus à aller user mes fonds de culottes dans les cyber (« internet cafe », sorry). Plus pratique et gratuit, quoi !En plus, maintenant je vais vraiment pouvoir commencer ce blog sérieusement. Bon logiquement je vais me lasser très vite (tiens d’ailleurs je suis déjà las, allez hop j’arrête), mais c’est l’intention qui compte.
Bizarrement, le proprio a fait installer internet super rapidement, maintenant que l’appart est de nouveau à louer. Comme par enchantement, plus de problèmes avec Virgin ou British Telecom. Encore une intervention divine, j’imagine. Et après, cet enfoiré veut nous faire croire qu’il n’avait pas du tout prémédité d’essayer de vendre l’appart !!! Est-ce que tu te foutrais pas un peu de ma gueule, par hasard ??? Pardon, je m’emporte. C’est pas grave je ferai un chapelet ce soir. Bon je ne vais pas m’attarder pour cette fois car j’ai du Corps du Christ sur la planche, et mon planning archi-serré ne me permettait qu’une toute petite incartade. Je voulais juste partager ce moment de communion avec vous. Amen

mercredi 12 mars 2008

"Croûte que croûte"

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Amateurs d’art moderne, précipitez-vous ! Un généreux mécène* a décidé de prêter une partie de sa collection pour l’exposer au 76 Lampeter Square. Parmi les toiles présentées, quelques petits chef-d’œuvres.
Ainsi "Marilyn qui rit", un portrait de la diva hollywoodienne alors au sommet de sa carrière. Pour la petite histoire, ce portrait a bien failli ne jamais voir le jour. L’artiste aurait ainsi d’abord lourdement insisté pour peindre sa muse telle-quelle, sans artifice. Comme chacun sait, Marilyn Monroe était en effet atteinte d’une calvitie totale (« Comme un œuf ! »). Devant le refus de la star, le projet était remis aux calendes grecques. Fort heureusement, un amant…euh un ami commun** qui avait eu vent de l’histoire allait jouer les intermédiaires. Finalement, un compromis pouvait être trouvé : Monroe porterait sa perruque mais devrait, en contrepartie, exhiber un décolleté beaucoup plus plongeant que prévu. Restait à obtenir ce sourire devenu légendaire. Rien de plus simple. Comme il le révèlera bien plus tard, l’artiste a pour cela utilisé un subterfuge classique, mais redoutable : « Dis camion ! » / « Euh… Camion… » / « Pouët, Poüet ! ». Comme quoi les plus grands chef-d’œuvres ne tiennent bien souvent qu’à un fil.
Du même artiste, "Il Padrino", un portrait en clair-obscur de Vito Corleone. Incarné par le grand Marlon Brando, ce film a inspiré des générations de petits mafieux. Un hommage à notre propriétaire, sans doute. La légende voudrait qu’il n’y ait rien de plus à raconter. Je ne raconterai donc rien de plus.
Autre pièce de choix, le fameux diptyque "Noir/Blanc…Noir…Blanc". Porte-drapeau flamboyant du courant post-anarcho-déconstructiviste. Certains y voient une dénonciation féroce du racisme et de l’intolérance qui gangrènent notre société. D’autres pensent y reconnaître au contraire une allégorie sous-jacente mais géniale du Bien contre le Mal, du vice contre la vertu, du jour et de la nuit, du loup et de l’agneau, des gentils contre les méchants, des cons contre les moins cons. Chacun se fera sa propre idée. C’est aussi ça le génie de l’Art avec un grand A.
En marge de cette exposition, il est également possible d’admirer les travaux d’Erwan G., artiste-plasticien du Bocage virois. "Cheveux sur monochrome", plus connu sous le nom de "Shampooing/Après-shampooing" est un work-in-progress, une œuvre éphémère. L’artiste est capable de reproduire son œuvre avec une régularité déconcertante. Très disponible, il se tient d’ailleurs à la disposition du public pour expliquer ses techniques, et dévoiler le sens de ces spirales capillaires incompréhensibles pour le béotien. Erwan G. sera également en démonstration au Tate Modern très prochainement.

« Croûte que croûte », exposition à durée indéterminée. Entrée libre ; toute participation d’au moins 10£ sera cependant la bienvenue. Les fonds récoltés seront reversés à l’association « Children of Fulham ». Précision importante: « Cheveux sur monochrome » n’est visible qu’un jour sur deux, les jours de shampooing/après-shampooing de l’artiste.

*Alex X, l’homme-dauphin
** Il s’agirait soit de John F. Kennedy, soit de Bobby Ewing, les experts sont partagés


lundi 10 mars 2008

Tempête et spaghetti

Journée bien pourrie aujourd’hui. Vieille tempête, pluie de chiens et chats toute la journée… un temps à ne pas mettre un Ecossais dehors. Ce qui n’a pas empêché, je tiens à le dire, le mec de la BBC de présenter la météo « on the roof » (vraiment des journalistes de terrain à la BBC). Cet homme passe quand même la majeure partie de sa vie, week-end compris, sur le toit de la chaîne. Rien que pour ça, je tenais à lui rendre hommage. Bref. Donc une journée bien maussade. Alors que je m’apprêtais à me faire des pâtes (d’une marque quelconque) pour midi, mon colloc italien, Tancredi, me dit : « Attends, attends, je vais aller acheter des Barrrriiiillllla. » Oui, en tant qu’Italien, monsieur ne peut bien sûr manger que des Barilla, n’en voit que par Barilla (et un peu DeCecco quand même), et tout ce qui n’est pas Barilla, c’est de la merde ! Déjà la semaine d’avant, selon plusieurs témoignages, il a foutu une peur bleue à une caissière après avoir exprimé sa joie de trouver une sauce Barilla qu’il cherchait depuis longtemps. En résumé, comme le dirait si bien Thierry Roland, l’Italien est…expansif ! Bon toujours est-il que j’accepte son offre : déjà ça m’évite de cuisiner, et en plus je dois reconnaître que ses pâtes sont plutôt sympas. Donc voilà le Tancredi parti défier les éléments, avec quadruple protection contre la pluie. Une demi-heure passe, et revoilà notre « giovane gambero » qui revient la queue entre les jambes, rincé de la tête au slip. « J’ai pas de pâtes, c’était fermé ». Et ouais mec, on ne défie pas dame nature impunément. Quand c’est pas le jour des Barilla, c’est pas le jour des Barilla. Basta !Après le foutage de gueule réglementaire, je décide de lui donner une deuxième chance. Seigneur, je lui repropose mes pâtes. « Non, non, merci ». Et ben passe-t-en, co...lloc indigne ! Che catzo ! Pour la petite histoire, mes spaghetti sauce pepperoni étaient très bonnes (ou bons, je sais jamais). Deux conclusions s’imposent, à la lumière de cet épisode en apparence anodin. Primo : si tu te moques de la nature, la nature se moquera de toi. Secundo : oh putain, qu’est-ce qu’ils sont chauvins ces ritales, Mamma mia !!!

jeudi 6 mars 2008

Serial losers

Attention ces types sont dangereux ! Malgré leur sourire de façade, ces mecs sont quand même capables de s’enfermer dehors eux-mêmes, et ce plusieurs fois dans la même semaine, le tout sans aucun produit dopant. Bon d’accord, à leur décharge, j’avoue que c’est arrivé même au meilleur d’entre nous. Mais quand même. Bizarrement, ces petites mésaventures arrivent le plus souvent le « matin » (enfin, « au réveil » serait quand même plus honnête). De là à en conclure un effet tête-dans-le-cul, il n’y a qu’un pas que je ne me permettrai pas de franchir. Le procédé est d’une simplicité touchante. En gros : tu te lèves, tu sors de ta chambre la bouche en cœur, tu t’apprêtes à descendre l’escalier en toute innocence jusqu’à ce que tu entendes un gros « blaaaaam » (i.e « claquement de porte violent dû à un gros courant d’air car ton abruti de voisin a laissé sa fenêtre grande ouverte »). Et là, à ce petit bruit familier, en une fraction de seconde, ton rythme cardiaque s’accèlère, un frisson parcoure ton échine et tu commences à transpirer. Car tu sais que c’est trop tard. Le mal est fait. Et ouais, comme un gros blaireau, tu réalises que t’as encore oublié ta clé à l’intérieur, que le loquet est fermé et que tu t’es piégé toi-même comme un renard. Du grand art ! Généralement, le « blaaaaam » est suivi de très près par un « Oooooh p#%*+ !!!», qui varie bien entendu selon la langue d’origine de la victime. Après ça, deux solutions s’offrent à toi : soit tu acceptes, résigné, de poireauter pendant une durée indéterminée ; soit tu décides de réagir face à ce coup du sort (en fait il existe aussi une 3e option qui consiste à totalement paniquer et à envisager de défoncer ta porte car t’es déjà super à la bourre, mais celle-ci concerne surtout les débutants, et reste quand même à déconseiller à tous les jeunes). Donc plusieurs écoles. La plus réputée reste l’école serbo-monténégrine, incarnée par un certain Nenad. Très, très professionnelle. Normalement, « l’auto-enfermage dehors » n’arrive qu’assez rarement. Mais lui a décidé d’en faire un art de vivre. Car il a une technique quasi-infaillible : la petite cuillère. Chaque fois qu’il se retrouve à la porte, il se dirige tranquillement vers la cuisine et en revient avec une petite cuillère à la main. Il n’a plus dès lors qu’à forcer patiemment le verrou et le tour est joué (Bon certes, à force de tordre les petites cuillères il est passé à la carte de crédit, ce qui est tout aussi efficace, et moins chiant pour ceux qui veulent manger leur yahourt).
La technique bengladi est assez connue aussi, mais beaucoup moins fiable. Son représentant, Naifis, a eu le bonheur de voir sa porte lui claquer au nez dès le premier jour. Lui a tenté sa chance avec une pince à épiler, puis avec un long couteau de cuisine, puis avec tout ce qui lui passait sous la main. Mais n’est pas MacGyver qui veut ! Résigné, transi de froid dans son caleçon écossais XXL (avouez qu’un mec qui se trimballe en caleçon écossais ne peut pas être complètement honnête !), il a dû attendre l’arrivée des secours. Plus exactement, il a téléphoné à sa copine qui habite à l’autre bout de Londres, pour qu’elle lui amène des fringues. La classe ! Mais le record d’attente est pour l’instant détenu par un certain Arome, un ex-collocataire. Il faut dire qu’il a placé la barre très haut en poireautant pas moins d’une journée entière, errant entre le couloir et la cuisine jusqu’à ce que le proprio arrive avec le double de clé, vers 18h. Entre temps, aux abois, le malheureux a bien tenté une sortie en caleçon dans la rue, espérant pouvoir escalader le mur du jardin et rentrer dans sa chambre par la fenêtre. Mais ce con n’a pas été foutu d’escalader le mur (qui est quand même assez haut, j’avoue). Même si sa folle entreprise avait réussi, une dizaine de voisines commères étaient sûrement déjà prêtes à dégainer le téléphone pour appeler la police. Enfin voilà. Un petit message de prudence quand même pour conclure: même s’il paraît simple et amusant, ce jeu est pratiqué par des professionnels. N’essayez surtout pas de faire pareil à la maison.