mercredi 12 mars 2008

"Croûte que croûte"

.














Amateurs d’art moderne, précipitez-vous ! Un généreux mécène* a décidé de prêter une partie de sa collection pour l’exposer au 76 Lampeter Square. Parmi les toiles présentées, quelques petits chef-d’œuvres.
Ainsi "Marilyn qui rit", un portrait de la diva hollywoodienne alors au sommet de sa carrière. Pour la petite histoire, ce portrait a bien failli ne jamais voir le jour. L’artiste aurait ainsi d’abord lourdement insisté pour peindre sa muse telle-quelle, sans artifice. Comme chacun sait, Marilyn Monroe était en effet atteinte d’une calvitie totale (« Comme un œuf ! »). Devant le refus de la star, le projet était remis aux calendes grecques. Fort heureusement, un amant…euh un ami commun** qui avait eu vent de l’histoire allait jouer les intermédiaires. Finalement, un compromis pouvait être trouvé : Monroe porterait sa perruque mais devrait, en contrepartie, exhiber un décolleté beaucoup plus plongeant que prévu. Restait à obtenir ce sourire devenu légendaire. Rien de plus simple. Comme il le révèlera bien plus tard, l’artiste a pour cela utilisé un subterfuge classique, mais redoutable : « Dis camion ! » / « Euh… Camion… » / « Pouët, Poüet ! ». Comme quoi les plus grands chef-d’œuvres ne tiennent bien souvent qu’à un fil.
Du même artiste, "Il Padrino", un portrait en clair-obscur de Vito Corleone. Incarné par le grand Marlon Brando, ce film a inspiré des générations de petits mafieux. Un hommage à notre propriétaire, sans doute. La légende voudrait qu’il n’y ait rien de plus à raconter. Je ne raconterai donc rien de plus.
Autre pièce de choix, le fameux diptyque "Noir/Blanc…Noir…Blanc". Porte-drapeau flamboyant du courant post-anarcho-déconstructiviste. Certains y voient une dénonciation féroce du racisme et de l’intolérance qui gangrènent notre société. D’autres pensent y reconnaître au contraire une allégorie sous-jacente mais géniale du Bien contre le Mal, du vice contre la vertu, du jour et de la nuit, du loup et de l’agneau, des gentils contre les méchants, des cons contre les moins cons. Chacun se fera sa propre idée. C’est aussi ça le génie de l’Art avec un grand A.
En marge de cette exposition, il est également possible d’admirer les travaux d’Erwan G., artiste-plasticien du Bocage virois. "Cheveux sur monochrome", plus connu sous le nom de "Shampooing/Après-shampooing" est un work-in-progress, une œuvre éphémère. L’artiste est capable de reproduire son œuvre avec une régularité déconcertante. Très disponible, il se tient d’ailleurs à la disposition du public pour expliquer ses techniques, et dévoiler le sens de ces spirales capillaires incompréhensibles pour le béotien. Erwan G. sera également en démonstration au Tate Modern très prochainement.

« Croûte que croûte », exposition à durée indéterminée. Entrée libre ; toute participation d’au moins 10£ sera cependant la bienvenue. Les fonds récoltés seront reversés à l’association « Children of Fulham ». Précision importante: « Cheveux sur monochrome » n’est visible qu’un jour sur deux, les jours de shampooing/après-shampooing de l’artiste.

*Alex X, l’homme-dauphin
** Il s’agirait soit de John F. Kennedy, soit de Bobby Ewing, les experts sont partagés


Aucun commentaire: