mardi 8 avril 2008

Débat sur le pouce

Le « lever de pouce » est un moyen de communication archi-pratique et universel. Très en vogue en Angleterre, d’ailleurs, car il permet d’exprimer un sentiment basique avec un gain de temps et de paroles considérables. Pourtant, à trop forte dose, ce geste innocent peut très vite finir par taper sur le système.
Prenez George, le « watchdog » de l’appart, qui en est un utilisateur extrêmement friand. Pour tout dire, cet homme s’exprime en grande majorité avec son pouce. C’est son petit truc à lui, son « gimmick ». Pas une rencontre, pas un bonjour sans un pouce levé, accompagné la plupart du temps du traditionnel "Hi my friend !". Je dois dire qu’il le maîtrise parfaitement, avec une aisance technique vraiment étonnante. Car George ne se contente pas de lever le pouce négligemment, avec nonchalance. George cherche ton regard, amorce un très léger retrait du coude (quasiment imperceptible pour l’œil humain), dégaine le pouce droit puis déclenche un grand sourire. Tout ça se passe très vite, en quelques fractions de secondes. Mais en grand professionnel, il arrive à ajouter une touche de fluidité qui offre un résultat unique.
Plutôt sympa après tout, on a tous nos petites manies. Le problème, c’est quand le lever de pouce devient compulsif et atteint des proportions ahurissantes, pour dépasser largement le cadre réglementaire du « Hello/Goodbye ». En fait, pour résumer, il est tout bonnement IMPOSSIBLE de croiser Georgio sans essuyer un lever de pouce de plein fouet. Et ce quelles que soient les circonstances, et peu importe le nombre de pouces que vous avez déjà récoltés dans la journée. Que tu sois en train de regarder la télé, de te cuire un œuf, de faire un scrabble, la vaisselle (oui je sais, c’est pas crédible) ou de ne rien faire du tout (là c’est déjà plus crédible), t’y as droit. Bref, c’est un peu le pouce géant dans la pub de la Société Générale.
Ce gars est capable de t’enchaîner 15 levers consécutifs en quelques secondes, sans le moindre effort apparent. Au fil du temps, il a dû développer un renforcement musculaire entre le pouce et l'index (comme détaillé sur le croquis ci-dessous) qui lui offre à la fois aisance et régularité dans l'effort. En tout cas c’est super dur à esquiver, croyez-moi. L’autre jour j’ai pourtant essayé, en vain. Je sortais boire un café dehors, tranquille, serein, mais le coupable était déjà-là à fumer une clope. Blam !!!A peine le temps de réaliser, que George avait déjà enclenché la mécanique. Lorsque j’ai levé les yeux, il était déjà trop tard, son pouce était fièrement brandi. D’autres fois encore, j’ai tenté d’anticiper et de tourner la tête avant de le croiser. Mais rien à faire. Tu le sens arriver, mais tu ne peux pas l’éviter. Trop grande vitesse d’exécution. Et même si tu fais semblant de ne pas avoir vu, il va te le refaire pour être sûr.
Toujours est-il que maintenant, un débat s’installe progressivement dans l’appart’. Le lever de pouce de George est déjà devenu mythique, et tout le monde est légèrement fébrile dès qu’il arrive dans une pièce. Pas évident de ne pas se marrer. Donc la question est la suivante : quelqu’un doit-il se dévouer et expliquer à ce pauvre George, très sympa par ailleurs, qu’il agace un peu tout le monde avec son geste fétiche (peut-être que c’est une tradition albanaise)?
Vous me direz que c’est un peu salaud, et vraiment pas tolérant, mais prenez vous quelques rafales et vous comprendrez. Je vais utiliser une image pour être plus clair. Ca vous dit quelque chose, Thierry Henry qui applaudit son coéquipier alors qu’il vient de recevoir une passe complètement foireuse ? Bah pareil ! C’est pas méchant, mais t’as quand même envie de le claquer. Ca ne s’explique pas. En tout cas il faut réagir. Allez c’est décidé, je décrète un moratoire !

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Hello,Thomas! it's Mum! effectivement, ça doit être l'enfer! il me semble me rappeler, en effet, que l'autre jour, pendant que tu étais au téléphone, tu m'as dit t'être pris un pouce en pleine tronche!...You must be fed up!