
Donc comme vous le savez, la semaine dernière je passais un entretien dans une librairie. Très bien, j’assure comme une bête, normal. Je déjoue les questions pièges de la manager pendant trois-quarts d’heure avec une aisance déconcertante, lui raconte ce qu’elle veut entendre et tout se passe parfaitement bien (enfin en apparence). A la fin du "cuisinage" en règle, elle m’offre pratiquement le poste. Seul petit-gros hic : je travaille encore pour Thorntons, à qui je suis tenu de donner une semaine de préavis, alors que le boulot en question débute immédiatement. Je vois bien que ça la fait tiquer. Bref je me casse, en attendant de ses nouvelles.
Rien pendant deux jours - donc déjà c’est mort pour le poste que je briguais. Puis coup de fil de la bonne femme de Books etc… (oui c’est le nom de la chaîne, ou Borders pour faire plus simple). Elle m’explique que c’est effectivement mort car elle ne sentait pas trop le coup du double boulot, mais elle me propose à la place le poste du week-end, qui ne débuterait lui qu’au mois de juin. J’accepte plus ou moins (plutôt moins que plus dans ma tête), et elle me redonne RDV le lendemain pour ficeler tout ça, fournir mes détails bancaires, Insurance number et tutti frutti... Je me pointe donc à son bureau, où elle m’attend avec une tête de six pieds de long : "Ecoutez je suis vraiment embêtée, je viens juste de recevoir un coup de fil du Head office et ils ont décidé de geler le poste du week-end pour l’instant, alors que j’ai besoin de quelqu’un blablabla ". Attends coquine, est-ce que tu n’aurais pas une fâcheuse tendance à te foutre un peu de ma gueule par le plus grand des hasards ?
Loin d’être convaincu par des explications que je n’ai d’ailleurs pas comprites, je lui demande s’il y’a un problème, si j’ai fait une erreur ou je ne sais pas quoi. Effondrée, rongée par la douleur et un sentiment de culpabilité légitime, elle me jure : "Non pas du tout, vous êtes génial, je n’avais jamais vu quelqu’un d’aussi brillant de toute ma carrière, je ne comprends pas du tout, si ça ne tenait qu’à moi je vous laisserais ma place, cette compagnie a besoin de vous…". Non pardon, elle me dit : "Non pas du tout (c’est le même début quand même), votre profil est bon, vous êtes motivé. C’est juste compliqué en ce moment au niveau des budgets, mais dès qu’une place se libère je vous rappelle". Mouais… D’après elle, ça peut être juste une question de semaines. Great mais je n’ai pas trop l’intention d’attendre comme un couillon qu’une place se libère. Donc je vais continuer à prospecter, mais peut-être pas dans les bookshops car visiblement c’est trop tard pour cet été. Ce sera pour septembre.
Mais en fait je n’ai pas tout capté à ce film. Je crois plus que moyennement à son excuse de budget, même si c’est tout à fait possible*. Se foutrait-elle alors de ma gueule (pardon je suis grossier) ? J’opterais volontiers pour cette option. Seulement à qui profite le crime ? Car il n’y a a priori aucun mobile. Ou alors c’est trop technique pour moi. Aucun intérêt de me passer à la question, de perdre son temps, de me rappeler, me dire que c’est bon etc… pour se raviser au dernier moment. Surtout qu’ici ils ne sont pas du genre à perdre leur temps et à s’embarrasser de politesse. Si tu ne fais pas l’affaire, tu dégages. Bizarre, bizarre…
Bon enfin il y’a tout de même du positif dans cette affaire. J’en ai encore profité pour renforcer mes exigences à Thorntons et faire ma diva. Je leur ai dit que pour l’instant je n’étais plus disponible le week-end. C’est cool j’abats toutes mes cartes une par une et pour l’instant ça marche, ma manager accepte. J’ai déjà fait plusieurs faux départs, pris deux semaines de vacances rémunérées alors que je n’avais droit qu’à une seule, demandé à ne travailler que tant de jours, puis tant d’heures par semaine. Maintenant je me fais mon emploi du temps à la carte. Comme ils ne se gênent pas pour essayer de m’entuber, c’est de bonne guerre. Tiens la prochaine fois je vais encore pousser le bouchon : si vous ne triplez mon salaire je pars ! Je pars ??? Ah, très bien vous le regretterez ! Ne me retenez pas !
Rectificatif : En déposant mon CV dans un autre Books etc…, le manager m’a dit spontanément qu’il y’avait des gels de poste dans la compagnie. Ça doit donc être vrai, au temps pour moi…























