Un peu de sérieux sur ce blog, ça ne fera pas de mal. Hier j’ai connu une journée assez fructueuse. En tout cas "potentiellement fructueuse". J'ai l'impression qu'il y'avait une promo, genre deux jobs pour le prix d'un. Je prends! Mais comme derrière toute promo, il y'a un piège: aucun de ces boulots n'est assuré, loin s'en faut.Tout d’abord j’avais rendez-vous avec des responsables du Petitjournal.com, un site d’information qui cible surtout les expatriés français. J’avais déjà pris contact avec eux quand j’étais arrivé à Londres, pour tâter le terrain. Mais faute de temps je n'avais pas donné suite. Cette fois c’est eux qui m’ont rappelé pour fixer un rendez-vous. En fait ils ont des rédactions un peu partout dans le monde, mais bizarrement pas à Londres. Et comme il y’a un énorme marché à prendre (selon la légende, on serait 250 000 Froggies rien qu’à Londres), ils sont venus prospecter quelques jours - je suis trop modeste pour avouer qu’ils avaient fait le déplacement uniquement pour moi. Bref j’avais donc rendez-vous avec le "Responsable du développement" (ouaaah) et le "Directeur" tout court (ouaaaaaaaaaaah). Ça ne rigole pas.
Pour moi il s’agissait d’une rencontre informelle, un premier contact dans un pub autour d’une bière. Quel naïf ! On s’est en fait rencontré dans un business centre à Victoria, très chic et aseptisé. Les mecs étaient en costard, moi en jogging/mocassins à glands. Cool quoi ! "On prend quelque chose à boire ?". J’allais juste lâcher : "Ah oui, une Guinness !", mais ces salauds ont commandé des jus de fruits, genre « Pago ». Pour déjouer le piège et rester neutre, j’ai pris un espresso.
Bon je vous passe l’entretien, c’est toujours un peu la même chose. Ah si, le directeur m’a demandé : "Et sinon, vous écrivez un peu, vous tenez un blog ?". "Euuuuuh, oui c’est-à-dire que j’ai commencé un blog…" "Ah c’est bien, il faudra nous donner l’adresse !" "Oui, oui. Mais vous savez c’est pas vraiment professionnel, c’est plus histoire de m’entretenir. Je ne suis pas sûr que ça vous fasse rire !". En tout cas ça ça les a fait marrer, et ils on abandonné leur plan machiavélique. Tant mieux je n’aurai pas à édulcorer ce blog.
En gros ça s’est bien passé, ils m’ont expliqué leur projet, moi le mien et blablabla. Dans les autres villes ils ont installé un système de franchise ou chacun mène un peu sa barque comme il l’entend. Mais pour Londres ils voudraient d’abord gérer le truc eux-même, car c’est énorme et trop compliqué. Et visiblement investir un paquet de fric. Enfin pour vous c’est très chiant donc je n’entre pas dans les détails. L’idée serait de constituer une équipe de 4 ou 5 pigistes et de commencer en septembre. Et si ça marche, créer une véritable rédaction avec des journalistes salariés. Parfait c’est exactement ce qu’il me faut. Mais bon ce n’est qu’un projet, on verra bien. Nous nous sommes donc quittés bons amis, nous promettant de nous envoyer des cartes postales régulièrement.
Juste en sortant, je passe devant une librairie. Allez je vais donner mon CV falsifié, enfin disons "adapté" (oui pour info j’ai bossé chez Ryst pendant quelques mois), ça ne coûte rien- enfin si 20 pence quand même. Je pose donc la question rituelle : "Do you have any fucking vacancy ?" Surprise, la réponse est "Oui, peut-être". Tiens donc, elle est bien bonne celle-là. L’employé prend donc mon CV, jurant sur la tête de sa grand-mère qu’il va le transmettre en mains propres au manager. Mais je ne suis pas né de la dernière pluie, héhé. Etant moi-même un spécialiste de l’égarement de CV à Thornton’s – parfaitement involontaire, je précise- je temporise. Bonne pioche, le manager, qui est d’ailleurs une femme, arrive à ce moment là. Elle jette un coup d’œil à mon CV, on papote 30 secondes et elle me propose de fixer une interview, cash ! Merde cette gourgandine ne me file que des dates pourries, quand je travaille déjà. Je me permets donc de faire la fine bouche : après tout si elle tient à moi elle peut bien faire un effort. Après des heures de négociations âpres et serrées, on parvient enfin à un compromis : rendez-vous samedi matin à 10h30. C’est bon ça !
Bon évidemment c’est très, très loin d’être gagné. Dans les librairies, la concurrence n’est pas polonaise, russe ou serbo-croate, mais bel et bien british. Espérons que le french flair fasse la différence. Pffff, qu’est-ce qu’il est long ce message. Je me saoule moi-même, alors j’imagine pour vous. Autre problème, et de taille : si je get the job, je commence lundi. Or, je dois absolument donner un préavis d’une semaine minimum pour lâcher le boulot. Pas moyen de faire la p..., j’ai un contrat en bonne et due forme. Et la manager compte sur moi pour la semaine prochaine. Tendu du slip, comme on dit dans le jargon. Je vais donc devoir la jouer fine, et envisager tous les cas de figure. Inch Allah !
1 commentaire:
Well done, son! Vas-y ( ???) à fond, ça va marcher!
Mais j'ai quand même une pensée pour le personnel de Thornton's, Oxford Street...J'imagine la détresse qui doit régner dans le magasin depuis l'annonce du cataclysme...
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