
Ça y’est c’est fait. J’ai solennellement averti ma manager que je ne ferais pas de vieux os à Thornton’s. Je lui ai expliqué que je cherchais un autre boulot, et que dès que je trouve quelque chose qui me plaît - ce qui n’est pas gagné - je rends mon tablier (de maître chocolatier, yeah, yeah). Je vous laisse imaginer le désarroi dans lequel j’ai plongé toute la petite équipe.Quand j’ai lâché la bombe, ma manager a menacé d’entamer une grève de la faim sans préavis. Une autre collègue a essayé de s’immoler par le feu* à l’annonce de la nouvelle. Ça fait toujours plaisir, ces petites marques d’affection, mais je ne voudrais pas qu’elles se blessent non plus. Pour clarifier les choses, et afin d’éviter tout nouvel incident, j’ai donc décidé de convoquer de toute urgence un "staff meeting". J’ai bien essayé de leur expliquer que ça n’était pas dirigé contre eux, qu’ils n’avaient rien à se reprocher. Que pour moi travailler dans un magasin de chocolats n’était pas exactement une vocation, mais plutôt un accident. Autant pisser dans un violon.
Remarquant leur mine déconfite, voilà ce que j’ai ajouté, en substance. "Ecoutez mes amis, vous devez être forts. Dans la vie, il faut savoir s’effacer à temps. Je crois que pour moi le moment est venu de tirer ma révérence, et d’aller là où mon cœur me porte. Je ne vais pas vous mentir, vous allez passer par des moments de doute, des périodes d’angoisse profonde. Mais la vie est faîte d’épreuves. Et comme le dit si bien le dalaï lama (à moins que ce ne soit Francis Lalanne), on apprend bien plus dans l’adversité que dans le confort."
Ma citation bouddhiste n’ayant pas provoqué l’effet escompté, j’ai poursuivi, rassurant : "Et puis même si c’est difficile à croire, je ne suis pas irremplaçable. Enfin pas complètement. D’autres personnes bien plus compétentes que moi vont arriver, et dans quelques décennies vous m’aurez peut-être même oublié (je sais c’est pas beau de mentir, mais c’était pour leur bien). Alors voilà ce qu’on va faire : je vais vous donner mon faux numéro de portable, et au moindre problème n’hésitez pas à m’appeler". C’est à ce moment là qu’une collègue est intervenue :
- "Mais qui c’est qui va passer la toile maintenant ?".
- "Euh, écoute Veronika tu dois confondre… Et puis avec ton fort accent slave je ne comprends pas ce que tu dis, j’ai toujours l’impression que tu manges un beignet fourré. Donc à l’avenir tu éviteras de m’interrompre pour dire des conneries, s’il te plaît. Ah, elle m’énerve celle-là des fois".
Reprenant mon calme, j’ai conclu. "Mes biens chers frères, j’ai quoi qu’il en soit été ravi de travailler avec vous, sauf avec toi Veronika. J’ai vécu grâce à vous une formidable aventure humaine, et je pars la tête haute, plus fort que jamais. Rassurez-vous, je m’en vais le cœur gros, mais les poches pleines. Sachez que je ne vous oublierai jamais, oh non jamais (yeux embués, trémolos dans la voix) ! Pour fêter mon départ, j’ai acheté un paquet de Pringle’s Barbecue que vous vous partagerez allègrement. Non ne me remerciez pas, c’est bien le minimum que je pouvais faire envers cette entreprise qui m’a tout donné. Et puis qui sait ce que la vie nous réserve ? Peut-être serai-je amené à revenir travailler ici. Mais ne vous faîtes pas trop d’illusions, tout de même. Et puis vous savez, il y’a des choses bien plus graves dans le monde que mon départ. Regardez ce qui se passe en Birmanie, par exemple (toujours donner des exemples concrets pour faire passer la pilule). Allez maintenant remettez-vous tous au travail, c’est le plus beau cadeau que vous puissiez me faire."
Hé attendez j’ai comme l’impression que vous ne me croyez pas. Ne niez pas, je le sens. Vous croyez que je romance ? C’est pas beau d’être jaloux, vous savez, pas beau du tout. Ça y’est vous m’avez braqué, j’ai plus envie de raconter. Bon et ben puisque c’est comme ça je finirai mon histoire quand j’aurai officiellement quitté Thornton’s. Et Vlan !!!
.
Reprenant mon calme, j’ai conclu. "Mes biens chers frères, j’ai quoi qu’il en soit été ravi de travailler avec vous, sauf avec toi Veronika. J’ai vécu grâce à vous une formidable aventure humaine, et je pars la tête haute, plus fort que jamais. Rassurez-vous, je m’en vais le cœur gros, mais les poches pleines. Sachez que je ne vous oublierai jamais, oh non jamais (yeux embués, trémolos dans la voix) ! Pour fêter mon départ, j’ai acheté un paquet de Pringle’s Barbecue que vous vous partagerez allègrement. Non ne me remerciez pas, c’est bien le minimum que je pouvais faire envers cette entreprise qui m’a tout donné. Et puis qui sait ce que la vie nous réserve ? Peut-être serai-je amené à revenir travailler ici. Mais ne vous faîtes pas trop d’illusions, tout de même. Et puis vous savez, il y’a des choses bien plus graves dans le monde que mon départ. Regardez ce qui se passe en Birmanie, par exemple (toujours donner des exemples concrets pour faire passer la pilule). Allez maintenant remettez-vous tous au travail, c’est le plus beau cadeau que vous puissiez me faire."
Hé attendez j’ai comme l’impression que vous ne me croyez pas. Ne niez pas, je le sens. Vous croyez que je romance ? C’est pas beau d’être jaloux, vous savez, pas beau du tout. Ça y’est vous m’avez braqué, j’ai plus envie de raconter. Bon et ben puisque c’est comme ça je finirai mon histoire quand j’aurai officiellement quitté Thornton’s. Et Vlan !!!
.
* Pour information, "s’immoler par le feu" est un pléonasme. Cette précision s’adresse tout particulièrement aux pseudo-"journalistes" vedettes, PPDA, Pujadas, Chazal qui abusent avec délectation de ce genre de clichés.
1 commentaire:
Snif...
Enregistrer un commentaire