dimanche 15 juin 2008

Running man

Attention ça ne rigole plus! J'avais vaguement évoqué par-ci par-là ma reprise de contact avec le sport de haut niveau, à travers quelques légers footings champêtres. Et bien je franchis une nouvelle étape: le retour à la compétition! Avec Tancredi, on s'est inscrit à un mini-marathon qui se déroule le 29 juin prochain: 10 km à galoper dans les rues de Londres, départ de Crystal Palace. "Putaing" c'est pas gagné. Mais bon voilà une bien belle occasion de se bouger un peu, surtout que c'est pour une bonne cause, puisque les fonds récoltés seront reversés à la British Heart Foundation. Comme je suis un homme de coeur, c'est avec joie que j'ai répondu favorablement à l'appel des organisateurs, à la recherche de têtes d'affiche. Je veux dire: est-ce que ce n'est pas aussi notre devoir à nous, sportifs de haut niveau, de consacrer un peu de notre temps à des actions caritatives ? Si je peux rendre des milliers de gosses heureux rien que par ma présence, pourquoi les en priver ?
Bon en tout cas ça risque d'être un peu chaud. Je préviens tout de suite: si des Kényans prennent part à la course, je porte réclamation sur le champ et me retire de la compétition. Mon objectif avoué est tout à fait humble: finir les 10 km, ce qui me paraît déjà ambitieux mais jouable. En cas de grosse contre-performance, j'emporterai de toute façon un costume de schtroumpf dans mon sac à dos et ferai semblant de participer à la course en dilettante. Mais mon but inavouable, c'est évidemment de torcher Tanchi, en toute amitié je précise. L'Italien est relativement sportif, et va quasiment tous les jours à son centre de fitness pour homosexuels refoulés. Mais comme monsieur travaille plutôt l'apparence et privilégie la gonflette, normalement sur du fond je dois pouvoir le niquer.
Quoi qu'il en soit, il va falloir que je m'entraîne un peu sérieusement si je veux faire bonne figure. On est déjà à J-14, ça fait court. En théorie il faudrait que j'aille gambader au moins 7 fois pour retrouver un peu de souffle. En pratique, je pense donc y'aller entre une et deux fois. C'est pas grave au pire je ferai parler mon expérience. Mon palmarès parle largement pour moi: médaille d'argent au Cross du Collège Le Ferronay 1994. Et encore je m'étais fait doubler quasiment sur la ligne d'arrivée à cause d'un vent défavorable. Mon adversaire s'était mis dans ma roue pendant toute la course, et avait profité d'une fringale pour me coiffer au poteau. Ainsi va la glorieuse incertitude du sport. J'arrête d'en parler ça me fait encore mal au coeur.
Bon allez je vous aime bien mais j'ai du pain sur la planche. Je vais aller enchaîner quelques dizaines de bornes pour voir où j'en suis. Et puis si le jour-J, je ne le sens pas, j'ai de toute façon quelques excuses béton sous le coude: l'une de mes chaussures vient de rendre l'âme, victime d'un décollement de semelle. Si ça ne suffit pas, je peux parfaitement être en délicatesse avec une cheville le matin même, et être déclaré inapte. En dernier recours, j'arguerai que mon "Oyster card" n'est valable qu'en zone 1-2, alors que Crystal Palace se situe au moins en zone 3. Tous les coups sont permis.

2 commentaires:

kreich a dit…

Ouuuh ! Back in the business... les joggers londoniens n'ont qu'à bien se tenir.
Par contre, je m'abstiendrai de souscrire à la visée caritative du geste. Tout de même !

Thomas a dit…

Oui j'avoue que le côté caritatif me gêne un peu moi aussi. J'ai plutôt l'habitude de prêter mon nom à des actions commerciales de grande envergure et à encaisser de généreux cachets. Mais bon je vais faire une exception. Mon agent m'a dit que ça pouvait être bon pour mon image...